Prévert n’est jamais assis, il saute, il court, il rue des quatre fers, il danse avec les mots, les tire par le bout des doigts et le bout des pieds, puis éclate de rire. C’est un homme-enfant, un oiseau qui nous raconte des histoires de là-haut et de là-bas, et qui voit l’humanité depuis son ciel pur de liberté, au milieu des nuages. Prévert est un oiseau moqueur, frivole et passionné, un amoureux des mots et un trousseur de jolis fils d’histoires sans rimes.

Car Prévert n’est ni un rimeur ni un râleur, plutôt un ouragan de fleurs qui s’envolent au printemps et de feuilles qui chantent l’arrivée de la sève au milieu d’une multitude de petits vents ébouriffants.

C’est un amoureux des femmes et un émerveilleur des chants d’enfants et de toutes les folies créatrices des enfants du monde. Vaste, mobile et imprévisible, Prévert est la source cachée d’un torrent en haut de la montagne et le rire tonitruant du vilain garnement qui a fait une blague, il est cette averse inattendue et le soleil qui vient rieur sécher les vêtements dans un vent de fête.

Et si je n’avais trois mots pour fêter Prévert, ce serait ‘Oiseaux, merveilles et lumières’

François P. VALLET, le 16 avril 2016